Le Ruisseau de l’Hôpital et ses moulins

Le ruisseau de l’Hôpital prend sa source sur la commune de Maubeuge puis traverse celle d’Elesmes, passe par Bersillies et Vieux-Reng et se jette dans la Trouille à Villers-Sire-Nicole.

ELESMES :

Elesmes
Le Moulin de l’Hôpital à Elesmes
Moulin d’Elesmes
Moulin d’Elesmes

Sur ce territoire, le ruisseau de l’Hôpital recueille les eaux de l’Hoyau, du Ronça et du ruisseau du Marais en limite de commune. Peu avant la confluence avec ce ruisseau, un moulin dit de l’Hôpital fut construit en 1771 sur un terrain  appartenant aux pauvres de la commune et loué alors à Charles Lefebvre. Il était actionné à l’origine par une roue par en dessous. Antoine Ducarne, gendre de Lefebvre reconstruisit le moulin en juin 1786 et ajouta sans autorisation une seconde roue toujours en dessous. Le préfet Dieudonné ordonna en février 1802 la suppression de l’une d’entre elles. Suite à la protestation du meunier, les autorités demandèrent la réduction du diamètre des deux roues de 66 cm.

Antoine Ducarne décéda en 1805 et sa femme Marie Anne Théodore Lefebvre en 1821. Le 28 Novembre 1822, leurs enfants participèrent à un acte de vente d’un bail emphytéotique du moulin, pour la somme de dix sept mille francs. (ADN J 131/25 acte 466 reçu par Me Bottieau) au profit d’un pharmacien de Maubeuge dénommé Maillard.

Antoine Couture, gendre de Ducarne et meunier, tenait ses vannes trop hautes en 1832 occasionnant des protestations de l’inspecteur des voiries et de voisins. Un déversoir fut alors préconisé et le procès verbal de recollement fut dressé le 28 septembre 1838 sans observation particulière.

Par contre, en 1868 un nouveau procès verbal de recollement ne donna pas satisfaction aux ingénieurs qui constatèrent des modifications importantes, en contravention avec les dispositions de l’ordonnance royale du 6 janvier 1837.

En 1870 le Bureau de Bienfaisance reprit le moulin qui fut occupé entre 1873 et 1894 par le meunier Prudent Empain. L’endroit fut revendu vers 1900 à M. Moreau qui était herbager. Le moulin cessa de fonctionner avant 1914. L’emplacement a peu changé depuis. Les vannes en pierres bleues se trouvent sur la gauche de l’édifice et la roue sur la droite des vannes. Les bâtiments en briques blanches se décomposent entre la partie moulin sur la gauche et une grange sur la droite devenue un garage.

BERSILLIES :

Bersillies
Moulin de Bersillies

Moulin de Bersillies

Bersillies n’a compté qu’un seul moulin à eau qui appartenait avant 1789 au Collège de Maubeuge. Il était à deux tournants et érigé sur 1 hectare 19 ares 12 centiares. Mis en vente aux enchères en 1799 le citoyen Claro de Douai l’acquit pour la somme de 300.500 francs après 53 feux. Le locataire et meunier Jean Baptiste Wattremez marié à Maxellence Lecouvet en devint immédiatement le propriétaire, Claro n’ayant servi que d’intermédiaire. Le moulin fit l’objet en 1812 d’un arrêté préfectoral qui fixa la hauteur des vannes de décharge et du point d’eau. Au décès en 1823 de Jean Baptiste ses enfants héritèrent du moulin. Son fils Alexandre y était meunier en 1827. Une de ses sœurs Marie Thérèse y décéda en 1864 tandis que son époux Ferdinand Hannecart l’avait entre temps en 1857 mis en vente. Il était  « monté à l’anglaise, composé de deux paires de meules, nettoyage, rouets en fonte, le tout nouvellement restauré ». Il fut de nouveau mis en vente à plusieurs reprises en 1867 par suite d’un procès de saisie immobilière contre « Florent Hannecart, propriétaire et meunier, et la dame Uranie Wattremez son épouse ». Celle-ci était la petite fille de Jean Baptiste et donc la nièce de Marie Thérèse. Quant à Florent il était le neveu de Ferdinand.

Ce fut finalement le notaire Jean Baptiste Bottieau qui l’acquit alors que Joseph Prosper Hugé marié à Marie Philippe Descamps l’occupait en tant que meunier. En 1872 et 1873 plusieurs riverains se plaignirent de la trop haute tenue des eaux du moulin. Une enquête conclut à la construction d’un déversoir et à la nécessité de travaux, lesquels en 1882 n’étaient pas encore exécutés. Depuis le 18 juillet 1876, François Delevacque s’était rendu acquéreur de l’usine qui avait trois paires de meules. Il s’était marié l’année précédente avec Maria Célina Louise Balleux à Saint Aubin où il était meunier. Il avait pour témoins ses frères Léon 32 ans également meunier à Saint Aubin  marié à Amandine Olivier et Augustin 37 ans meunier à Taisnières en Thiérache (cette branche ira s’installer à St Rémy Chaussée comme meunier avec ses fils Augustin ° 1869 Taisnières et Paul ° 1877 Taisnières).

Maria mourut en 1917 et François en 1937. Les bâtiments furent alors convertis en habitation, encore existante de nos jours.

VIEUX-RENG :

Vieux-Reng
Moulin de Vieux-Reng ( Les Molinots)
Moulin de Vieux-Reng

Le ruisseau de l’Hôpital délimite sur 600 mètres Villers-Sire-Nicole et Vieux-Reng et faisait tourner le moulin de la Salmagne. Celui-ci dépendait de l’abbaye de Bonne Espérance située dans la section de Vellereille-les-Brayeux de la commune d’Estinnes, en Belgique, à 6 km au sud de Binche.

Il était loué en 1755 à Nicolas Dubois et à sa sœur Thérèse et était à deux tournants. En 1781 Charles Joseph André le reçut par fermage.Il était dans un état de délabrement tel qu’il fut rebâti vers 1785.

Il fut vendu comme bien national en 1797 à Louis Cousin. Comme ce fut souvent le cas, cet acquéreur de biens nationaux le revendit très vite et en 1810 Jean Joseph Chrétien Mercier (1777 1841) marié à Pauline Leclercq (1774 1829) le détenait. Ses enfants Rose, Jean Baptiste et Nicolas en héritèrent. Nicolas (1798 1859) et son épouse Appoline Riche (1809 1885) furent meuniers. Un de leur fils Léon Nicolas, célibataire (1838 1859) travaillait au moulin. Leur autre fils Léopold (1840 1880) marié à Amandine Hanquart eut deux enfants, Albert et Léon tous deux meuniers. En 1894, ces derniers demandèrent à l’administration des Douanes l’autorisation de conserver leur moulin à farine et obtinrent une réponse favorable. En 1922 Léon Mercier était toujours meunier à La Salmagne. De nos jours le ruisseau ne passe plus au moulin qui est devenu une habitation. Celle-ci se compose d’une habitation en L sur deux étages de maçonnerie et un étage de combles. Quant à la ventellerie elle est marquée par un pont de pierre de deux arches du XVIII e siècle.

VILLERS-SIRE-NICOLE :

Vieux-Reng et Villers-Sire-Nicole
Villers-Sire-Nicole 1845
Le moulin de Villers-Sire-Nicole

Avant de se jeter dans La Trouille, le ruisseau de l’Hôpital rentre dans Villers-Sire-Nicole sur quelques centaines de mètres. Il y rencontrait le moulin dit de la Busette.

Jean Baptiste Baudry (°1745 Monceau-Saint-Waast +1813) marié à Marie Joseph Montay (°1749 Eclaibes +1821) le détenait en 1797. Zéphirin Ducarne acheta le moulin à la mort de Marie Joseph Montay. Son beau fils François Emile Quivy marié à Marie Rose Ducarne (°1801 Bersillies +1866) projeta en juillet 1836 d’en faire une sucrerie de betteraves mais renonça à son projet en juin 1837 suite à la mise en place d’un impôt « sur les sucres indigènes ».

Louis Hubert Quinot, négociant au Quesnoy, en était le propriétaire en 1860. Damien Modeste Delire brasseur originaire de Châtelineau (B) le remplaça en 1861.

Le moulin et la brasserie attenante furent de nouveau mis en vente en 1865 et 1867. Il avait trois tournants et se composait de deux meules à farine et d’une à moudre les braies. Le meunier Emile Riche l’acheta et en 1870 fit construire un déversoir. Il obtint en 1894 l’autorisation de conserver son moulin et en fut le dernier meunier. Le moulin fut détruit lors du premier conflit mondial et il n’en reste aucune trace.