L’Hogneau et ses moulins

L’Hogneau prend sa source dans le bois Delhaye à La Longueville. Il passe ensuite à Taisnières–sur-Hon, Hon-Hergies, Houdain-les-Bavay, Bellignies, Gussignies. Il franchit alors la frontière belge à Autreppe et repasse en France entre Quiévrain (Belgique) et Crespin (France) pour se jeter dans la Haine au nord de Valenciennes à l’aval de la commune de Thivencelle.

La Longueville

Un moulin à eau existe sous l’ancien régime et un second est bâti durant la période révolutionnaire.

La Longueville

Le moulin banal

L’ancien moulin banal  de La Longueville

Le moulin est mu par les eaux de l’Hogneau et du ruisseau de Sainte-Aldegonde, patronne du village.

Charles Bady, comte de Normont (1756-1832) succède en 1789 à la famille Pignatelli-Bisachia et de Luynes, et auparavant au comte d’Egmont. Il émigre et le moulin est probablement vendu comme bien national.

Il appartient alors en 1795 à Isidore Prévot qui décède le 15 janvier 1811. Sa veuve Marie-Joseph Jean le loue, avec l’autre moulin, par acte du 9 avril 1823 à son fils Isidore-Joseph. Isidore Prévot fils meurt le 12 février 1868, veuf d’Uranie-Joseph Heniau .Les deux moulins reviennent aux enfants, Aline, Isidore, Charles et Charlotte. En décembre 1878 Charles, meunier et cultivateur, et Charlotte vendent le moulin du village à François-Joseph Hostelart, docteur demeurant a La Longueville. Isidore reste propriétaire de l’autre moulin (Moulin au Bois).

Après son décès accidentel en 1880 François-Joseph Hostelart lègue le moulin à Henriette Hostelart veuve de Jules Mercier, propriétaire à Maroilles. En 1885 le moulin appartient à sa fille unique Marie Mercier épouse d’Achille Briatte.

En 1892 Achille Briatte demande de procéder au règlement de son moulin. Une première enquête a lieu du 5 au 26 février 1893. Le procès-verbal de visite a lieu le 25 mai et le projet de règlement du même jour demande la création d’un déversoir que le propriétaire s’était d’ailleurs engagé à construire en 1891. L’arrêté préfectoral réglementant le moulin est signé le  14 mars 1894. Le moulin cesse son activité vers 1900 sans avoir eu de déversoir. Il est transformé depuis en habitation.

Le moulin au Bois

Isidore Prévot père qui est aussi propriétaire du moulin banal demande en 1794 l’autorisation de construire un moulin à eau à La Longueville à l’extrême limite avec la commune de Taisnières-sur-Hon. En 1847 le bâtiment est rehaussé et le moulin est équipé de trois paires de meules actionnées par une roue en dessus. Isidore Prévot fils marié à Uranie Joseph Heniau en devient propriétaire. Il fait faillite et le moulin est alors acquis par Zénon Leclercq le 26 septembre 1884, mécanicien à Feignies.

Zénon Leclercq en demande le règlement en date du 1er décembre 1884 et le projet de règlement est validé le 2 mai 1885. Il loue le 22 février 1886 le moulin à Ernest Prévot puis le 19 février 1895 à Olivier Gabet.

Le moulin au Bois a une seule roue d’un diamètre de 2,64 m sur 1,20 m de large. A 7 m en amont, sur la rive droite, se trouve la vanne de décharge de 0,75 m de largeur et 0,72 m de hauteur. Il y existe deux petites haussettes avec manettes que l’usinier superpose sur la crête de la vanne.

Le moulin est loué à M. Gabet-Paris, meunier pour 9 ans par bail du 1er février 1907 commençant le 1er décembre 1906.

Zénon-Zéphyr meurt à Feignies le 18 février 1907, veuf de Marie-Anne Damien et laisse le moulin à ses deux frères, Elie-Joseph et Jules-Clément, le premier propriétaire à Douzies, le second brasseur à Hautmont.

Au meunier Léon Ernest Gabet marié à Joséphine Paris succède leur fils prénommé également Léon Ernest marié à Lucienne Moreau.La production de farine chute dans les années 1950 et le moulin ne produit plus que des  céréales pour animaux.

Jean-Claude Gabet prend la succession et décide de redonner une nouvelle roue pour produire de l’électricité avec l’accord d’EDF. Cette roue hydraulique verticale, d’environ 2, 60 m de hauteur et 1, 80 m de largeur, alimentée par le haut, a été refaite en métal par le LEP de Maubeuge en 1980 et montée en 1982.

Le moulin Gabet est le dernier complètement intact de l’Avesnois avec celui de Sars-Poteries. Il a conservé son mécanisme, ses 3 paires de meules, divers équipements comme un nettoyeur à grains, un aplatisseur (pour l’orge) et une mélangeuse.

Taisnières-sur-Hon

Taisnières-sur-Hon

Le moulin du comte Egmond

Le Moulin Williot à Taisnières-sur-Hon

Il se trouve sur une dérivation sur la rive gauche de l’Hogneau et fait partie d’une ferme assez importante. Il appartient avant 1789 au comte d’Egmont. Celui-ci émigre et le moulin est adjugé en janvier 1798 à Philippe-Joseph Williot, meunier au moulin.

En 1858 Philippe-Joseph Williot fils demande l’autorisation de remplacer les deux roues par une seule et de construire un nouveau bâtiment pour y placer les deux paires de meules et une troisième s’il est nécessaire. La roue nouvelle placée par suite de l’autorisation préfectorale du 7 mai 1858 a une largeur de 2.16 m et un diamètre de 3,25 m. Le barrage comprend un déversoir de 2,36 m et trois vannes ayant 1.21 m chacune de débouché. Le procès-verbal de récolement est établi le 23 avril 1862, les trois vannes ont été maintenues, le chapeau conservé, mais les crics et crémaillères ne sont pas encore montées, mais seront installées lorsque les montants seront remplacés.

Le moulin appartient ensuite à Aimé Williot, qui le loue à son neveu Albert par acte du 9 juin 1892. Il décède le 23 septembre 1892 laissant pour seul héritier son frère Alidor. Le moulin est alors équipé de quatre paires de meules, occupé par Albert Williot.

Le moulin cesse de fonctionner vers 1930 mais les bâtiments existent encore. On y trouve sur l’un des pignons les inscriptions en brique en relief : « P.I.W. 1797 », qui sont celles de Philippe-Joseph Williot. Le superbe barrage en pierre de taille avec ses trois belles arches tombe malheureusement en ruine.

Le moulin Largillière

Le Moulin Largillière à Taisnières-sur-Hon

Jean-Baptiste Largillière de Taisnières-sur-Hon demande au gouvernement le 3 octobre 1841 l’autorisation de construire un moulin à eau sur une de ses propriétés traversée par le ruisseau de l’Hogneau. Il le fait bâtir en 1843 avec une ventellerie construite en pierres de taille en 1845. La minime chute d’eau ne permet pas au moulin de fonctionner régulièrement et malgré l’autorisation préfectorale du 25 septembre 1858, le moulin cesse de fonctionner.

Entre-temps, Jean-Baptiste Largillière sollicite le 10 décembre 1846 l’autorisation d’établir une chute d’eau formée d’un mètre abaissement en aval et de 2m50 d’exhaussement en amont. Ce qui fera en un mot une chute totale de 3,50 m.

La procédure habituelle est lancée. Après les procès-verbaux de visite, dix rapports entre septembre 1847 et mars 1850, et l’arrêté préfectoral du 13 juin 1850, le décret présidentiel du 27 novembre 1850 accorde enfin l’autorisation d’établir le moulin qui aura deux vannes de 1,20 m de largeur chacune, et un déversoir de 2 m. Le propriétaire devra aussi construire et entretenir un pont. Le procès-verbal de récolement du 23 mars 1854 atteste que les travaux sont bien exécutés.

Félicien-Joseph Hénaut, beau-fils de Jean-Baptiste Largillière, écrit au préfet le ler mai 1858 lui demandant l’autorisation d’établir une tenue d’eau sur le ruisseau de l’Erèle dans le but d’utiliser ce petit cours d’eau comme force motrice, concurremment avec les eaux de l’Hogneau, pour le service de son moulin à farine établi, sur cette même rivière. Il y est autorisé par le règlement du 20 juin 1859.

Le moulin fonctionne jusqu’aux environs des années 1925 et en 1926 les bâtiments sont transformés en habitation encore existante.

Le moulin Lescut

Le Moulin Lescut 1908
Le moulin Lescut à Taisnières-sur-Hon

Charles-Antoine Lescut sollicite le 24 pluviôse An VIII (30 janvier 1800) la permission d’ériger un moulin à eau sur l’Hogneau. La demande est accueillie favorablement et l’ingénieur dans son rapport du 29 mars 1800 fixe la hauteur de l’eau à 1,50 m au-dessus du niveau actuel, un déversoir devant être construit. Le ministère de l’Intérieur donne son accord le 12 novembre et le préfet signe son arrêté le 2 vendémiaire An IX (24 novembre 1800).

Le 29 mai 1801, l’ingénieur reconnaît que Lescut a fait l’acquisition de terrains pour faire passer le canal qui amène l’eau au moulin, que celui-ci est construit solidement et exécuté selon les règles.

Mais il s’avère qu’en temps de sécheresse le moulin ne peut tourner, n’ayant pas de réservoir suffisant. Une pétition est signée le 20 décembre 1806 par les habitants qui demandent qu’une portion de pâture puisse être achetée par le meunier « afin de retenir une plus grande quantité d’eaux pour faire tourner plus longtemps le moulin ». Lescut revient à la charge le 10 mai 1807, prétextant l’utilité publique, mais le sous-préfet par sa lettre du 4 novembre répond qu’il doit traiter de gré à gré avec les propriétaires du terrain en question.

Charles-Antoine Lescut fait une donation au profit de son fils Eusèbe-Joseph le 7 décembre 1826, qui lui-même en fait le partage à ses enfants Lucien et Eusèbe le 11 janvier 1862.

Eusèbe époux de Charlotte Auquier le loue à son fils Eusèbe et Désirée Douchez par acte du 25 juillet 1890.

Le moulin muni de deux paires de meules appartient ensuite à Emile-Pierre Collart. Il fonctionne encore durant la dernière guerre mondiale. Il est ensuite vendu et devient une habitation.

Le moulin Quertignier

Il est situé sur le ruisseau de Goez qui est un affluent de l’Hogneau et à ce titre nous l’évoquons dans ce chapitre.

Le 7 mai 1851 Jean-Charles Quertignier sollicite l’autorisation de former une chute d’eau sur le riez du Sartiau, section B n° 165 du plan cadastral, pour alimenter un moulin à chicorée. L’enquête est ouverte et le 29 juin, le maire affirme qu’il n’y a pas eu d’opposition, et que la demande peut être satisfaite, ce qui est partagé par le sous-préfet le 8 août.

Mais lors de la visite des lieux le 16 septembre, un voisin en amont, Williot, s’élève contre l’exhaussement du ruisseau malgré la proposition du pétitionnaire d’exécuter tous les terrassements nécessaires pour établir des rives solides, et un autre en aval ne s’oppose pas mais il ne faut pas que cela prive d’eau son bétail. Un projet d’arrêté est établi par l’ingénieur le 21 octobre. Une nouvelle enquête de 15 jours est ordonnée le 3 novembre. Le certificat du maire est dressé le 4 décembre, accompagné de l’opposition du sieur Williot. Le sous-préfet donne un avis favorable le 26 décembre. Le ministre des Travaux Publics donne également le même avis le 27 janvier 1852. Mais le ministre estime peu après que le sieur Quertinier doit produire des accords par écrit des opposants. Une nouvelle enquête de 15 jours est ordonnée le 29 juillet 1852. Le 9 octobre 1852, Jean-Charles Quertinier s’adressant au préfet demande qu’il puisse relever de 25 centimètres le niveau d’eau, ayant fait construire l’an dernier un réservoir assez vaste et un aqueduc de 24 mètres de long dont 8 mètres passant dans l’usine même. Le maire donne son approbation le 8 octobre, sur le même courrier.

Jean-Charles Quertinier époux de Marie-Thérèse Croix décède le 19 octobre 1861 et laisse le moulin à son fils Philippe-Joseph.

Le moulin est arrêté vers 1880 et démoli en 1889. Il demeure cependant à l’endroit une ferme dont la grange porte les initiales Pjq pour Philippe Joseph Quertignier.

Hon-Hergies

Hon-Hergies

La scierie de marbre

Le bâtiment de la scierie couvert en chaume et dont la tenue des eaux est en bois est construite en 1819 par M Lembourg. La scierie se compose d’une roue à pots faisant mouvoir 36 lames. La carrière d’extraction Sainte Anne est proche de l’usine. La scierie et la carrière occupent 30 à 40 ouvriers.

M Lembourg sollicite en septembre 1819 l’ajout d’une seconde roue d’un diamètre identique à la première à savoir de 2.76 m.

Jean Joseph Lhost achète en 1823 la scierie et renouvelle en juillet 1832 la possibilité jusqu’alors refusée d’ajouter cette deuxième roue.

L’affaire traîne et l’ordonnance royale n’est enfin signée que le 4 avril 1834. La scierie est convertie en moulin à farine en 1840.

Le procès-verbal qui n’a lieu que le 16 février 1848 nous apprend que le système de décharge est composé de trois vannes ayant 1,28 m de largeur chacune, et le déversoir 2,25 m. L’arrêté préfectoral portant règlement du moulin est signé le 1er août 1853. Le 18 août 1853, Jean-Joseph Lhost demande l’autorisation de remplacer la ventellerie en bois, qui menace de crouler, par une ventellerie en pierre. Un procès-verbal de récolement est dressé le 23 mars 1854, concluant à la conformité des travaux.

Jean-Joseph Lhost, époux de Marie-Joseph-Françoise Allart, meunier demeurant à Hon-Hergies, meurt le 4 octobre 1855. Ses enfants en héritent et le vendent à Adolphe Barbier et Aimé Carion à Houdain. Adolphe Barbier le reconverti en scierie de marbre et revend celle-ci aussitôt après à la Société Derville et Compagnie.

Un autre procès-verbal de récolement du 18 juin 1862 indique que des travaux de la ventellerie ont été effectués. Ce PV est dressé en présence de M. Barbier, représentant la société Derville et Cie.

La scierie avec deux châssis et une roue en dessus fonctionne jusque la seconde guerre mondiale. Il ne reste de nos jours que le bâtiment d’habitation.

Le moulin banal

Le Moulin banal 5 rue Gaston Genarte
Le Moulin banal ou Moulin Beauvois

Il appartient à Pierre Antoine Gillot, seigneur de Hon-Hergies. Ce moulin banal est vendu comme bien national en 1796 à Pierre et Noël Beauvois, les meuniers occupants. Surgit un différent familial concernant les réels propriétaires du moulin. Quoiqu’il en soit Hortense Beauvois fille de Noël et de Marie Constance Dupont épouse de Joseph Bernier en hérite en totalité avant de le laisser en 1855 à sa fille prénommée également Hortense.

Peu de temps plus tard, le moulin appartient à Alexandre Bertrand qui, le 12 octobre 1861, désirant donner à sa retenue une existence légale fait une demande de réglementation. Les travaux prescrits sont exécutés sauf une quatrième vanne que Bertrand demande par lettre du 26 juillet 1864 de bien vouloir lui tolérer l’état actuel. Ce qui est accordé. Les ouvrages régulateurs sont composés de trois vannes munies de crics et d’un déversoir. Le 30 juillet 1886, Alexandre Bertrand demande à faire des travaux sur le déversoir. L’ingénieur par son rapport du 2 septembre donne un avis favorable. Le moulin était équipé d’une roue par-dessus en bois aux augets recouverts de fer qui sera démontée vers 1950 par le dernier meunier Joseph Lambrechts. Le moulin est alors transformé en habitation.

Le Tordoir de la Flaminette

Hon-Hergies Scierie Blondeau
Les vannes du Tordoir à Hon-Hergies
La Marbrerie Walqueman

Ce moulin à farine appartenant au comte d’Egmont fut racheté comme bien d’immigré par la famille Massart le 19 nivôse An 6 (8 janvier 1798). Pierre Joseph Massard demande début 1801 l’autorisation au Préfet Dieudonné de faire construire un tordoir entre « le moulin à eau du dit village et l’usine patinnerie occupée par le Cen Evrard ». L’ingénieur Dehaye est favorable au projet sous réserve que la roue ne dépasse pas 2.60 m de diamètre et d’y construire un déversoir. L’arrêté préfectoral est signé le 22 mai 1801.

Pierre Joseph Massard époux de Marie Bernarde Hyacinthe Louette décède à Bavay le 9 mai 1846. Un des enfants, Adrien sollicite le 2 décembre 1847 l’accord d’ajouter « à son moulin  tordoir un train de scierie à marbre ». Un arrêté préfectoral du 22 août 1849 l’autorise à conserver son moulin, suivi d’un décret présidentiel du 25 février 1850.

Adrien Massart est autorisé également le 23 août 1856 à relever le niveau de retenue d’eau de son moulin. Il décède célibataire en 1857 et lègue ses biens à Ismérie Ducarne, propriétaire à Bellignies. Le tordoir est à cette époque loué à Adolphe Barbier qui loue aussi la platinerie devenue moulin situé en amont.

Dieudonné Blondeau loue le 7 mars 1882 la scierie et en devient propriétaire après le décès en juin 1884 d’Ismérie Ducarne séparée de Pierre Lequipart.

La scierie cesse de fonctionner vers 1910 et devient vers 1922 la propriété de la SA des carrières de Hon-Hergies. En 1930 Paul Walqueman rachète le terrain de l’ancienne scierie Blondeau et y construit des hangars. Il reste la ventellerie et le bâtiment habité. La marbrerie Walqueman y travaille toujours la pierre. La production actuelle concerne les cheminées d’intérieur (40 à 45 %) et la pierre pour le bâtiment.

La Platinerie devenue Moulin

La Platinerie de Hon-Hergies
Les vannes de la Platinerie

Michel Dusart, négociant et maître de forges résidant à Bavay, établit en 1748 sur la petite rivière de Hon Hergies près Bavay du consentement du sieur Gillot, seigneur engagiste une forge à usage de platinerie… Pour consolider son usine, il sollicite une autorisation royale, qui est accordée par le Conseil d’Etat le 27 novembre 1781, et exécutée le 19 janvier 1782.

Le 18 mai 1811 Félix-Benoit-Michel Dusart et sa sœur Aglaé-Alexandrine-Josèphe vendent la platinerie provenant de Michel Dusart leur aïeul paternel aux sieurs Jean-Joseph Lhost et Philippe-Joseph Hurieau. La platinerie est devenue récemment à usage de moulin et a brulé dernièrement. Les meules et le moulage ne font pas partie de la présente vente, attendu qu’ils appartiennent au meunier sortant.

Les deux nouveaux propriétaires revendent en décembre 1813 le moulin à moudre blé et écorces à Henry-Philippe-Hypolite-Joseph Descamps, propriétaire cultivateur à Hon-Hergies et à Célestine-Désirée-Joseph Lerat sa femme. Un des enfants Aimé Descamps loue le moulin à deux tournants au sieur Douchez le 24 juin 1849.

Deux mois auparavant, le 19 avril 1849, le sieur Massart, propriétaire de la scierie se plaint que ses roues sont noyées, plainte occasionnant la visite  de l’’ingénieur le 26 avril. Le plaignant fait remarquer « que le dessus des vannes de décharge de l’usine occupée par le Sr Descamps se trouve moins élevé que la crête du déversoir adjacent, disposition qui permet de placer des hausses mobiles et de surélever le plan d’eau de la retenue du moulin et qui a pour résultat de noyer les roues du moulin supérieur qui lui appartient…».

Aimé Descamps refuse de signer le procès verbal de visite sous motif que le véritable « propriétaire de l’usine est son beau père Gustave Désiré Godde, ancien receveur des Douanes du Quesnoy ».

Gustave Désiré Godde est en réalité le frère utérin d’Aimé Descamps. Il loue le moulin le 15 octobre 1858 à Adolphe Barbier. Il meurt le 26 avril 1862 en laissant la moitié du moulin à Aimé Descamps et l’autre moitié à son neveu Aristide Lafuite représentant Alzire Célinie Descamps sa mère décédée, sœur utérine du défunt. Le moulin, la maison et autres bâtiments sont à cette date loués à la société Derville et Cie de Paris pour 18 ans et ce depuis le 1er juillet 1858.

En Août 1880 le moulin à eau servant à moudre des écorces dit M Deschamps est mis en adjudication. Il est alors converti en scierie de marbre par Dieudonné Blondeau, tailleur de pierres. Elle fonctionne jusqu’en 1958 et est occupée par la société des Carrières de Hon-Hergies. Restent les vannes et le déversoir.

Houdain-lez-Bavay

Houdain-lez-Bavay

La scierie de marbre Derville & Cie

Les Sieurs Joseph Tiétard, marchand de marbre  à Bavai et Joseph Lhost, propriétaire à Hon-Hergies indiquent par lettre adressée le 25 avril 1821 à la préfecture, leur intention d’établir une scierie de marbre sur le territoire de la commune d ‘Houdain, au bois Verdiau, sur une portion de bois et une pièce de terre, au milieu desquelles passe la rivière de l’Hogneau.

Le 25 avril, le sous-préfet ordonne de rendre publique leur demande et le maire certifie le 26 mai qu’elle l’a été deux dimanches de suite les 6 et 13 mai sans provoquer d’opposition.

Le 25 novembre 1822, les deux pétitionnaires déclarent avoir vendu leurs droits par acte du 25 février 1822 au sieur Lecuyer-Gérin, qu’ils avaient acquis de la veuve Clément Gérin à Bavay.

Cette dernière se plaint le 4 décembre 1822 auprès du préfet que « Philémon Lecuyer actuellement propriétaire de cette usine, tient les eaux à une telle hauteur, qu’elles inondent trente ares environ dudit bois appartenant au fils mineur de ladite dame Gérin, moulin construit par Thiétard et Cie ». De même le receveur des Douanes, Godde, propriétaire des moulins d’Hergies le 9 décembre affirme que « Lecuyer-Gérin fit arbitrairement placer sur le déversoir de son usine des ouvrages en planches qui élèvent les eaux de l’Haugniau de 12 à quinze pouces environ au dessus du niveau qui a été pris pour base des travaux exécutés pour donner le mouvement et la force nécessaire au mécanisme de son établissement …

L’affaire se poursuit devant les tribunaux. Le rapport du 19 août 1823 conclut que le sieur Lecuyer devra baisser les eaux de 0.42 m en amont et enlever les planches sur le déversoir. Celui-ci et la roue à pots de 2,42 m de diamètre de 1,14m de largeur seront conservés et une  deuxième roue installée.

Suite à ces plaintes, le préfet dresse un arrêté le 6 décembre 1823 stipulant « qu’il n’y a pas lieu d’accorder au Sr Lecuyer-Gérin l’autorisation demandée par les Srs Tiétard et Lhost .. ». S’ensuit toute une série d’arrangements entre les parties et le Préfet signe alors un arrêté le 12 juillet 1824 de tenir provisoirement l’usine en activité. Finalement, l’ordonnance royale du 1 er novembre 1825 autorise la conservation de la scierie.

En voici sa description. « Elle a un tournant formé d’une roue à pots, deux armures et 36 laines, une tenue d’eau en charpente, sa situation est fort belle et pittoresque, mais éloignée des chemins. Le bâtiment est un carré long couvert en paille, M. Lecuyer a fait construire une très belle maison d’habitation, un bâtiment servant de magasin et un autre qui est le chantier des marbriers et polisseuses. Il fait venir de différentes carrières françaises et Etrangères, il exploite pour son compte du marbre rouge à Estrud près Solre-le-Château, et du brayel ou du petit antique à Barbançon en Belgique, il a fait aussi extraire d’autres marbres rouges à Mont Dourlers, mais il y a renoncé en raison de sa mauvaise qualité, il possède à loyer les belles carrières de Ste Anne français à Hon-Hergies…., cet entrepreneur occupe plus de cent ouvriers dans ces divers ateliers. »

L’établissement de marbrerie, consistant en scieries à vapeur et hydraulique mis en vente le 29 juillet 1849 pour cause de cessation de commerce est achetée vers 1857 par la Société Derville & Cie exploitée par Adolphe Barbier que nous avons déjà rencontré à Hon-Hergies.

L’exploitant décède en 1871 et la scierie appartient alors à sa fille unique Léonie pour moitié indivise avec Isidore Lerat associé dans la Société en nom collectif.

Elle fonctionne avec une turbine et une locomotive à vapeur jusqu’en 1940 et produit du courant. Elle s’arrête vers 1975. Démolie, il n’en reste que la ventellerie avec deux déversoirs.

Le Moulin du Chapitre de Maubeuge

Le 11 août 1791, est adjugé devant le Directoire au nommé Millot un moulin à eau et dépendances situé ci Houdain, provenant du Chapitre de Maubeuge et occupé par J Boulanger en vertu du bail emphytéotique passé au profit d’Antoine Tressoigne le 9 avril 1737.

Millot vend le moulin à la citoyenne Julie Moulin veuve de Gaspard Moucheron par acte notarial en date du 1er juin 1793.

Le 4 mars 1819, les 7/24e de la propriété sont vendus par Elisabeth-Françoise Moucheron épouse Notthay demeurant à Bliesrauschback, à Fidèle et Grégoire Boulanger à Houdain, et le 27 octobre 1823 Virginie Moucheron vend 20/48e de la propriété à Fidèle Boulanger, garçon meunier à Houdain.

Une adjudication du moulin à farine, maison, grange écurie et 1 hectare 6 ares et autres terres, a lieu le 14 septembre 1833 par le baron Paul Dusart propriétaire à Bellignies, provenant de Fidèle et Grégoire Boulanger, Marie Antoine  Lefranc, contrôleur des contributions indirectes et Françoise-Victoire-Julie Moucheron sa femme.

Le moulin est loué à Fidèle Boulanger en novembre 1833 pour 9 ans puis en 1842 à Joseph-Désiré et Angélique Brissez, aussi pour 9 ans.

Paul Dusart de Molembaix décède à Saint-Georges le 15 avril 1856 époux de Marie-Auguste De Leuze laissant ses biens à chacun de ses trois enfants : Auguste, Noémie et Victor. Noémie loue le moulin le 20 février 1859 à Guislain et Angélique Brisson.

Le 3 janvier 1857, le baron de Molembaix s’adressant au préfet souhaite annexer à son moulin à farines mu par l’eau une scierie de marbre séparée du moulin par la rivière de l’Hogneau.

La demande est transmise à l’ingénieur en chef, Kolb, qui l’a renvoie vers l’ingénieur ordinaire le 10 février.

Voici le rapport de l’ingénieur du 5 mars ici transcrite :

« Notre premier soin a été de rechercher dans nos archives si le moulin à farine était autorisé. Nous n’avons trouvé aucune trace d’autorisation. Un Sr de Molembaix possède à la vérité dans la commune de Bellignies voisine à celle d’Houdain une usine hydraulique située également sur l’Hogneau et autorisée par ordonnance du 22 9bre 1844, mais ce n’est pas celle dont il s’agit ici. Nous avons chargé Mr le Conducteur Delhaye de se rendre sur les lieux … il a trouvé la scierie de marbre entièrement construite et fonctionnant depuis six mois environ. Tout est conforme au plan joint à la pétition. Le but de cet annexe est d’utiliser en hiver l’excédent des eaux de la rivière de l’Hogneau. La scierie ne fonctionne donc que d’une manière intermittente. Rien du reste ne parait avoir été changé à l’ancien état des choses. La retenue fermée à 230m00 en amont du moulin par deux vannes de 1.32 m de largeur chacune accolées à un déversoir en maçonnerie de 6m50, ouvrage d’ancienne date, ne parait avoir subi aucune modification. L’usinier d’amont, le Sr Lescuver a déclaré sur les lieux que depuis l’établissement de la scierie il n’avait observé aucun changement dans le régime des eaux. Le Sr Prévost propriétaire de I usine d’aval a formulé par écrit une déclaration analogue jointe au dossier. Aucun riverain d’ailleurs n a produit jusqu’à présent de plainte relativement au nouvel état de choses. En dehors de la question de contravention pour établissement sans autorisation … nous ne voyons aucun motif qui puisse arrêter le cours d’une instruction régulière Il est évident que cette instruction devra embrasser non seulement la scierie nouvellement établie, mais encore le moulin à farine préexistant. Or comme la pétition du Sr de Molembaix ne parle que de la scierie, il nous parait nécessaire de mettre cet usinier en demeure de produire une nouvelle demande pour la réglementation générale de son usine, ou plutôt de ses usines. »

Le 27 juin 1857, le baron Auguste de Molembaix répond : « Je viens Monsieur le préfet satisfaire à votre lettre du 28 mars dernier. Le moulin dont il s’agit, qui n’est autre que celui de Bellignies, existe depuis un temps immémorial ; il faisait partie du Domaine des Dames Chanoinesses de Maubeuge, et à la suppression de leur chapitre, il a été vendu à un Sr Millot qui, par acte passé devant Me Pluchart, notaire au Quesnoy le Ier juin 1793, l’a cédé à un Sr Moucheron, qui l’a lui-même revendu aux héritiers Boulanger d ‘Houdain, suivant contrats passés devant Me Cagnon, notaire à Bavay le 14 mars 1819 et devant Me Desrousseaux, notaire à Lille le 27 décembre 1823. C’est de ces héritiers Boulanger que Mr le baron Paul de Molembaix, mon père, décédé le 15 avril 1856, l’a acquis par contrat passé devant Me Marchal, notaire à Bavay le 14 9bre 1833. Il écrit de nouveau le 22 août, rappelant les contrats ci-dessus, le situant à Houdain, et demandant à être réglementé.

Le 18 septembre 1857 le préfet arrête que la demande sera affichée du 10 au 30 septembre. La visite des lieux se fait le 27 avril 1858. Un projet de règlement est établi le 12 mai 1858, qui prescrit que le déversoir et les deux vannes resteront inchangés, mais il sera établi à côté du barrage de nouvelles vannes présentant un débouché de « cinq mètres quarrés vingt neuf centièmes de mètre quarré ». Une deuxième enquête est ouverte du 12 au 28 juin. L’arrêté préfectoral du 24 septembre autorise la conservation du moulin. Mais la mesure du débouché a été mal interprétée. Le baron, par lettre du 18 septembre 1866, demande à ne pas changer les travaux qu’il a effectués, en rajoutant une nouvelle vanne. L’ingénieur reconnaît qu’il y a eu une petite erreur dans le calcul délimitant la largeur totale du débouché. Le procès-verbal de récolement est signé le 29 octobre 1866 après la visite sur place du 12 septembre. Un nouveau projet de règlement est établi par l’ingénieur le 29 octobre 1866, prescrivant de mettre en demeure le propriétaire d’avoir fait exécuter avant le 1er juin 1867 le complément des travaux prescrits par le règlement d’eau du 24 7bre 1858.

Vers 1870, l’ensemble des biens appartient au baron Antoine-Ferdinand-Joseph-Ghislain De Roest d’Alkemade marié à Noémie-Marie-Louise-Henriette-Alix Du Sart baronne de Molembaix, demeurant à La Hulpe (Belgique). Celle-ci décède le 19 mai 1891 et lègue à ses six enfants parmi les biens, le moulin à eau, l’usine à scier et polir le marbre.

Le moulin, qui continue à moudre le blé, et la scierie sont loués le 16 mars 1881 à Isidore Evrard, puis le 4 septembre 1889 à Dieudonné Blondeau époux Lacroix.

Le moulin est partiellement détruit en 1901 et la scierie appartient en 1903 à Vital Camberlin. Elle est démolie durant la Première Guerre Mondiale. Reconstruite, elle cesse de fonctionner dans les années 1950 et les bâtiments sont transformés.

Bellignies

Bellignies

La Marbrerie du baron Morel

La marbrerie Coffineau qui a remplacée sur un autre endroit la marbrerie du baron Morel démolie en 1941

Le baron Morel demande l’autorisation de construire une scierie de marbre le 3 novembre 1820. Un contentieux oppose le baron à la veuve de Jacques Boulanger, meunière en amont à Houdain, celle-ci se plaignant que la roue de son moulin ne peut plus fonctionner correctement à cause du niveau trop élevé du moulin du baron. Cependant L’arrêté et l’ordonnance royale sont respectivement signés le 28 juin et  le 17 décembre 1823. Courant 1824 le baron est en faillite et se voit obligé de lever les vannes.

Le 9 mars 1826 la scierie est vendue à Edouard-Désiré-Joseph Pety-Divuy, négociant à Valenciennes. Un accord intervient entre le nouveau propriétaire et la veuve Boulanger. Ce contentieux réglé, l’ordonnance royale du 2 juillet 1828 permet de nouveau le fonctionnement de la scierie.

Celle-ci est ensuite la propriété de Jean Baptiste Prévost époux de Charlotte Hénon. Il ajoute vers 1845 une paire de meules car le moulin mis en vente en juin 1874 est « à usage de scierie de marbre et faisant aussi de blé farine ».

Edmond Carpentier époux de Marie-Julie-Désirée Prévost, marchant brasseur est ensuite le propriétaire. Sa veuve le vend le 12 février 1895 à Louis Joselier époux de Palmyre Labies. Elle décède à Bellignies le 10 septembre 1904 laissant pour seul héritier son fils Marc marbrier à Bellignies. Le bâtiment est à usage de marbrerie et de fabrique de pendules avec machine à vapeur, atelier de sciages, etc.

En 1923 la marbrerie appartient encore à Marc Joselier.

Cadastre de Bellignies de 1928

En 1934 est construite sur un emplacement différent (section unique n° 886 au lieu du n° 995 sur le cadastre de 1928) une nouvelle marbrerie appartenant en 1937 à Marcel Bourdeau de Paris. La société Coffineau créée en 1955 exploite alors la marbrerie dirigée ensuite par son gendre M. Carlier.

Le moulin banal

le moulin banal devenu la marbrerie Cordier-Colmant
La vantellerie de Bellignies
La vantellerie de Bellignies

Ce moulin de 1693 à une roue appartient à Philibert-Xavier Dusart de Molembaix époux de Florence-Ursule, baronne de Leuze. A leur décès en 1801 et 1802 Philibert-Ghilain Dusart, baron de Molembaix, époux de Maximilienne-Charlotte née comtesse de Robersart en hérite.

Il loue le moulin le 14 avril 1817, pour 9 ans à Euphrène Sohier, meunier, puis Auguste Carlot le 31 décembre 1824. Il décède en 1830 laissant l’héritage à ses enfants Victor, Fritz et Paul. Le 4 avril 1843, Auguste Carlot, maire et meunier, écrit au préfet « qu’il occupe depuis 22 ans un moulin farine a deux tournants, et qu’il voudrait utiliser un tournant à scier du marbre.

L’arrêté préfectoral du 12 juillet 1844 le propriétaire peut conserver le moulin et utiliser une roue pour scier du marbre, mais des travaux sont à effectuer à la ventellerie, qui sera complétée d’un déversoir en maçonnerie de 3,75 m de largeur. Il a 6 mois pour faire exécuter les travaux à dater de la notification de l’ordonnance royale, qui est signée le 22 novembre 1844.

Fritz Bellignies décède célibataire le 5 novembre 1865 à Bellignies et laisse le moulin à son frère Victor pour moitié et à ses neveux Auguste, Simon Victor et sa nièce Noémie pour l’autre moitié représentant Paul décédé.

Victor décède le 19 novembre 1868 laissant sa part à Simon Victor et à Marcel de Roest d’Alkernade fils de Noémie.

Simon-Paul-Victor-Gabriel Dusart de Molembaix loue le moulin et marbrerie à Jules Colmant, marbrier, le 30 novembre 1880.

L’Observateur du 23 novembre 1894 annonce la mise en vente pour cause de décès, « d’usine en pleine activité, à usage de scierie de marbre et de fabrique de cheminées avec moulin à farine, sise à Bellignies, et carrière de marbre noir français, sise à Hon-Hergies le jeudi 29 novembre, à 2 h de relevée, en l’étude de Me germe, notaire à Bavay ». Il est acquis par Henri Cordier-Colmant qui n’en fait plus qu’une scierie de marbre. La roue est remplacée par une turbine qui tourne jusque les années 1950. Le moulin est aujourd’hui détruit hormis la très belle vantellerie récemment restaurée par la mairie.

Le Musée du Marbre

Le Musée du Marbre

Michel Friand, négociant à Renlies (Belgique) demande le 1er décembre 1821 l’autorisation au préfet de construire une scierie ce marbre sur un terrain lui appartenant, entre le moulin à farine de Bellignies et la platinerie de Gussignies.

Elle est mise en activité à la fin de janvier 1822. Michel Friand la vend le l er décembre 1822 à Joseph Thiétart, maître charpentier demeurant à Bavay qui en revend les deux tiers le 7 décembre aux dénommés Vachin et Carion chacun pour un tiers.

Le 3 juin 1823 la demande d’autorisation au préfet est réitérée. Le rapport de l’ingénieur Brégeon dressé le 16 juin 1825 nous apprend que la scierie est actionnée par deux roues par-dessus ayant un diamètre de 2.40 m et 1,22 de large, et qu’déversoir est construit. Le préfet donne un arrêté favorable le 13 juillet et l’ordonnance royale est signée le 31 mai 1826.

La scierie appartient en 1831 en partie à François-René-Joseph Carion qui fait don de la moitié du moulin à Nelly-Aimée Carion épouse d’Hautier à Maubeuge par acte devant Me Froissart le 10 avril 1843. Puis devant Me Delhaye, le 30 janvier 1848, sa femme Aimée Quenée fait don de la moitié de sa part à Aimé-François-Narcisse Carion qui, le 21 février 1848 rachète la scierie à la femme Hautier.

Aimé-François-Narcisse Carion écrit au préfet le 1 er juin 1861 en indiquant que la ventellerie vient d’être enlevée par une crue et demande une hauteur de sa chute à 2.00m. Le procès verbal de recollement du 4 août 1865 lui accorde 2.03 m.

La scierie appartient ensuite vers 1875 à Anatole Crapez, maître de forge, puis vers 1880 à Victor Jean-Baptiste Sirjacq. Celui-ci meurt en 1905 laissant comme héritiers son épouse Angèle-Nathalie-Renelde Castelin, sa fille Anna Nathalie-Ferdinande épouse de Vital Evrard et Gabrielle et Louis encore mineurs. L’usine comprenant plusieurs bâtiments servant à la fabrication des pendules et cheminées en marbre avec scierie, machine à vapeur, châssis, transmissions, découpeuse, cheminée et accessoires, chantiers dépolissage et de marbrerie. Vital Evrard en devient propriétaire vers 1920 et abandonne la fabrication en 1924. Les bâtiments deviennent ensuite un magasin d’alimentation, puis une fabrique de baleines et de corsets. En 1955 Adolphe Botteau redonne aux bâtiments leur vocation initiale en y faisant un atelier de marbrerie et d’objets d’art.

La commune achète les lieux en 1972 pour en faire le Musée du Marbre inauguré en 1979 par Pierre Mauroy. Ce musée comprenant de nombreuses cheminées, pendule, sculptures et autres objets mérite incontestablement une visite.

La Marbrerie Evrard

La Marbrerie Evrard

Pierre-Joseph Lerat, cultivateur, écrit en décembre 1821 au sous-préfet « qu’il est propriétaire d’un terrain formant les deux rives de la rivière dite honeau situé sur la commune du dit Bellignies entre l’usine projetée du Sieur Friant à distance assez inférieure pour ne pas nuire, et le moulin de Gussignies. Qu’il a l’intention de faire construire en cet endroit une usine à scyer le marbre ».

Le 30 décembre 1823 il vend avec son épouse Marie-Rosalie Descamps à Jacques-Louis-Hypolite Ribault de Laugardière, propriétaire demeurant à Louvignies-lez-Bavay, 36 ares de pâture, 36 ares de terre pris en 1 hectare 18 ares 80 centiares, sur lequel ce dernier fait construire une scierie demandée par les vendeurs, le cours d’eau, etc, au prix de 4.500 francs. En 1825 la scierie à deux roues, une de chaque côté est construite. L’ordonnance royale est accordée le 7 décembre 1825.

La marbrerie est transformée en forge en passant entre les mains de Valentin Darche maitre de forges et verreries à Maubeuge en 1827 puis à Martial Crapez de Bavay en 1831.

Aimé Carion, propriétaire du moulin en amont, proteste le 21 janvier 1865 que la forge tient ses eaux trop élevées. Le 25 février, en réponse, Anatole Crapez souhaite avoir le niveau le plus élevé possible sans nuire à 1’autre moulin. Le procès verbal de récolement du 19 juin 1868 se substitue alors à l’ordonnance du 7 décembre 1825.

Le 2 mai 1879 un incendie se déclare dans l’usine métallique de M Crapez, banquier et industriel à Bavay. Il détruit la charpente et la couverture des ateliers, provoquant de graves dégâts et la mise au chômage des 35 à 40 ouvriers.

Martial-Anatole Crapez d’Angouwart, propriétaire et maître de forges à Bavay meurt le 19 août 1879. Il laisse à son épouse Elisabeth Picot de Moras l’usufruit de la moitié des biens, la succession échéant aux enfants mineurs : Amédée, Louis, Henri, Elisabeth, Fernand et Marie-Louise. A la forge s’y est ajoutée une usine de marbrerie.

L’établissement est mis en vente judiciairement le 18 janvier 1881 puis de nouveau le 29 mars. L’usine abandonnée est rachetée par Laurent Evrard, demeurant à Annevoie dans les Ardennes belges qui reconvertit totalement la forge en scierie de marbre. En 1898 son fils Vital prend la succession et développe l’entreprise. Vers 1944 la SA Tailliez Evrard occupe la scierie. Se succèdent ensuite plusieurs propriétaires dont les Ets Godin puis les Ets Godier Rambaut avant la faillite vers 1968.

Gussignies

Gussignies

La scierie

La scierie de marbre de Gussignies

Le 17 mars 1822, les sieurs Delaugardière et compagnie propriétaires de la scierie de marbre établie à Houdain désirent obtenir l’autorisation de construire une nouvelle scierie sur un terrain situé en la commune de Gussignies. Le préfet ordonne le 2 avril de la publier. Le maire certifie le 8 mai que la demande a été affichée, et qu’il est favorable. Par devant le notaire Cagnon, le 27 mai 1822, un bail du terrain est accordé par Anthémis-Hyacinthe-Pierre-Guislain comte de Fourmestraulx Saint-Denis à Jacques-Louis-Hypolite Ribault Delaugardière, propriétaire demeurant à Louvignies-Bavay et François-Joseph Thiébaut, percepteur des Contributions directes demeurant à Bavay, pour une durée de 40 années à commencer le 1 er mars 1822, et à charge d’y établir une usine à scier du marbre. Le directeur des Douanes donne aussi son accord le 8 juillet

Le 25 décembre 1823, devant Me Cagnon, Delaugardière cède sa moitié à François-Joseph Thiébaut. L’usine à deux tournants, un de chaque côté du bâtiment occupe plus de 150 ouvriers. L’arrêté préfectoral signé que le 16 décembre 1824 autorise la conservation du moulin et décrit les travaux à effectuer. L’ordonnance royale est signée le 22 juin 1825.

L’établissement a « deux roues à pots et 80 lames et sa tenue est en pierre. L’usine est alimentée d’eau par de vastes étangs servant de réservoir, le site est très pittoresque, le coteau est charmant ; l’atelier de marbrerie et de polissage est à Bavay. M. Thiébault a une très belle carrière à Hon-Hergies d’où il tire le St Anne de France, il fait venir du marbre de Boulogne et beaucoup de granit des Pays-Bas. En général ses ateliers sont en grande activité et il fait beaucoup d’envoie de marbre travaillé dans diverses directions de la France, il occupe près de 80 à 100 ouvriers »

Joseph-François Thiébaut sous-loue la scierie à Dequesne et Compagnie par acte s.s.p. du 26 mars 1828. Anthime-Hyacinthe-Pierre-Ghislain comte De Fourmestraulx Saint-Denis, décède à Gussignies le 24 janvier 1867, époux d’Anne-Marie-Adélaïde d’Hangouwart. Il laisse deux filles : Zoé De Fourmestraulx Saint-Denis et Mathilde De Fourmestraulx Saint-Denis, qui héritent de la scierie alors occupée par Anatole Crapez, banquier à Bavay, suivant bail verbal du 30 novembre 1866. Sa veuve et les enfants renouvèlent la location par acte du 20 novembre 1871. Le 16 décembre 1885, Zoé-Albertine-Adélaïde De Fourmestraux épouse d’Anne-Philippe Picot de Moras décède à Gussignies. La scierie revient à ses enfants qui héritent aussi d’une scierie à Bellignies. La scierie est vendue par la famille et acquise par Francis-Edouard-Marie Le Normand de Lourmel, baron du Mourmelin lieutenant au 8′ régiment de cuirassiers et Noémi-Antoinette-Marie-Lucie Vautier son épouse demeurant à Senlis.

En 1898 la Société anonyme Marbrière d’Avesnes, propriétaire de la scierie établit une école gratuite d’apprentissage pour le métier de marbrier. La marbrerie cesse son activité vers 1927. Il n’en reste qu’un barrage enfoui dans la forêt.

 Le Moulin

Le moulin de Gussignies
L’ancien moulin de Gussignies 2010
Le moulin de Gussignies transformé en centre aéré

Le seigneur de Gussignies, Pierre-Hyacinthe de Fourmestraux, sollicite l’autorisation d’ériger un moulin à eau à farine à un tournant à Gussignies. Le Bureau des finances, après s’être renseigné et avoir entrepris les formalités d’usage, le lui accorde le 16 décembre 1784, suivi de l’octroi du roi le 31 mai 1786, à charge de payer annuellement 15 florins au domaine.

Le moulin, bâti en pierre et couvert en ardoise, à deux tournants sur deux huitelées de terre, occupé par Pierre-Philippe Portier est vendu comme bien national le 27 ventôse an 6 (17 mars 1798) à François-Pierre Legendre au prix de 233.500 livres.

Il appartient ensuite à Alexandre-Jean-Pierre Gillet Ducouvray, propriétaire à Paris, qui décède le 15 juillet 1813, époux de Marie-Louise-Charlotte Simon, qui laisse à son épouse le quart, et à ses deux enfants, Alexandre-Jean-Charles Gillet Ducouvray et à Amédée-Madeleine Charles Gillet-Ducouvray les trois-quarts du moulin à eau à deux tournants avec la demeure du fermier.

Le moulin appartient ensuite à Marie-Catherine Bury, demeurant à Paris, qui le vend par adjudication du 4 septembre 1820 à Philippe-Joseph Michez, cultivateur à Roisin (Belgique). Le 5 juin 1832, le maire De Fourmestraulx Saint-Denis se plaint auprès du préfet que Philippe Michez a sans autorisation, rajouté un deuxième tournant en les mouvant par-dessus, convertissant en marais les terres en amont. Le rapport de l’ingénieur du 27 décembre suivant rappelle les mêmes faits : la ventellerie est composée de 5 vannes présentant un débouché de 8,20 m en très mauvais état, deux seulement pouvant être manœuvrées et la plus large au centre a été maçonnée. Il insiste sur la dangerosité du vannage et préconise un déversoir et une nouvelle arche du pont pour le passage des voitures. L’arrêté est signé le 17 mai 1833. Philippe-Joseph Michez adresse au préfet le 31 juillet 1833 un long mémoire, dans lequel il indique notamment que S. Defourmestraulx père a « abusé de la concession obtenue en usurpant le droit de construire un deuxième tournant. Lorsqu’ à l’émigration du S. Defourmestraulx père, l’usine dont s’agit devint la propriété de l’état, il s’y trouvait deux tournants, c’est ce que constate le procès-verbal d’estimation dressé le onze pluviôse an six, pour arriver à la vente domaniale … . C’est le locataire précédent, qui par négligence avait laissé tomber la roue en délabrement, et qu’il a reconstruit en 1830 ».

Le rapport de l’ingénieur du 21 décembre conclut que le moulin peut rester à condition de restaurer les vannes, de conserver les roues qui sont actionnées de côté et de construire un déversoir de 3 m. L’affaire va encore traîner plusieurs années et aboutir à l’ordonnance royale du 19 février 1836.

Le 1 er décembre 1843, Philippe-Joseph Michez écrit au préfet « songeant à établir un nouveau tournant à son moulin, et à affecter ce tournant à moudre des écorces de tannerie ; qu’il n’existe dans tout le canton de Bavai, qu’un seul moulin, situé à Hergies, ayant cette destination …». En fait le nouveau tournant est déjà construit et prêt à fonctionner.

Le 10 avril 1844 le sous-préfet renvoie le dossier avec un avis défavorable. Philippe-Joseph Michez meurt et c’est sa veuve Sophie-Joseph Houzeaux qui poursuit l’affaire. Le maire soulève encore des remarques contre le moulin, ce qui oblige l’ingénieur à demander le 5 juin l’annulation du procès-verbal de récolement, puis il revient le 7 juillet sur son annulation. L’arrêté autorisant la construction de la troisième roue est enfin signé le 14 août 1845, à condition de ne rien changer au niveau de la retenue fixée le 19 février 1836, arrêté rendu définitif le 11 août 1846.

Le moulin à trois tournants dont deux pour le blé et une pour l’écorce est mis en vente à plusieurs reprises entre novembre 1851 et juin 1852. François Dazin propriétaire-rentier, demeurant et domicilié à Bavay en devient propriétaire le 5 août suivant. Il accorde le moulin en location à Sophie Houzeaux veuve Michez le 6 août 1852, résilié le 5 juillet 1853.

Le moulin est converti en scierie de marbre par arrêté préfectoral du 8 janvier 1856. Elle est louée à Camille De Louvencourt le 15 mai 1856.

François Dazin meurt le 27 septembre 1873, célibataire, laissant à ses frères Désiré et Louis-Joseph, ainsi qu’à ses neveux Charles et Agnès Delcroix, et ses petits neveux Gustave, Rosa et Maria Liénard la scierie louée à M. De Louvencourt par acte passé devant le notaire Me Coulmon le 15 mai 1856. La scierie appartient en dernier lieu à la Société Anonyme Marbrière d’Avesnes, et cesse de fonctionner en 1932. Le grand bâtiment qui existe encore est devenu un Centre aéré.